Commencez par réaliser les enjeux. Le groupe de réflexion UCS réunissant des scientifiques américains (Union of Concerned Scientists) a comparé (dans son livre Le guide du consommateur pour des choix environnementaux efficaces, Ed. Three Rivers Press), viande rouge et pâtes (qui sont du blé, finalement). Résultat : la production de viande rouge utilise 20 fois plus de surface au sol que la pasta, cause 17 fois plus de pollution biologique des eaux et 5 fois plus de pollution artificielle. Elle émet 3 fois plus de gaz à effet de serre et consomme 5 fois plus d’eau. (site de l'UCS)

Ce n'est pas étonnant: nous cultivons d’abord des céréales, qui nourriront des animaux, lesquels finiront par nous nourrir. Forcément, les ressources (eau, carburant, sol, pesticides…) sont utilisées deux fois de suite.

Voilà pour les constats. Sachant cela, la (seule) solution est de réduire sa consommation de viande (surtout rouge) et d’augmenter celle en protéines végétales notamment. Comment ? Le bonheur de l’écolo est dans le pois.

En oubliant la viande, vous aurez en effet la chance de cuisiner des végétaux souvent négligés en Occident: les légumineuses. Haricots rouges, fèves, lingots, mungo, lentilles corail ou vertes, pois cassés, chiches… Tel un Jack, vous découvrirez la magie des haricots. Ces plantes fixent l’azote, élément de base des protéines, et en sont donc très riches. Autre source, les graines germées, qui sont encore plus énergétiques par rapport à leur poids : luzerne, radis, avoine, lentille, blé…

Combinez régulièrement une légumineuse avec une céréale (riz, pâtes, blé, maïs, quinoa, épeautre, avoine, boulghour, amarante, avoine…). Votre cuisine n’en sera que plus créative, donc plus excitante. Le choix est vaste et des recettes originales existent. D’une pierre deux coups, vous pourriez satisfaire vos besoins protidiques… et gastronomiques (le chili sin carne, mmh…). Exemple : riz et soja, ou semoule et pois chiches.

Ces associations sont maîtrisées dans certaines parties du monde (Amérique du Sud, Asie…). Vous pouvez vous inspirer de leurs recettes, à assaisonner à votre sauce. Qui sait, peut-être deviendrez-vous même végétarien, sans le faire exprès, juste par goût.

N’oublions pas que des exceptions existent. Le soja surgelé qui a navigué du Brésil pour arriver jusqu’à votre assiette a un fort impact environnemental, plus grand que les rillettes achetées à un artisan charcutier de votre ville. Le transport sur de longues distances, la congélation ou encore certaines pratiques culturales (hors-sol par exemple) alourdissent le poids environnemental de la nourriture végétarienne, qui peut dépasser celui d’une viande produite localement, issue d'un animal nourri à l'herbe.

S’il ne signifie pas bio, ne négligez pas pour autant l’étiquetage AOC (Appellation d’origine contrôlée). Ce label valorise un terroir et un savoir-faire qui ont perduré dans le temps depuis plusieurs générations. En achetant AOC, vous participez au maintien de la culture et d'emplois locaux. Le menu est alléchant ? Il n’y a plus qu’à se mettre à table.

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